Dingadesalsa, cours de salsa La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Nantes
 

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Suite de l'interview du 23 AVRIL 2006 par Luna

Comment est né Salsa en La Playa ?
Les cours de l'association marchaient bien, nous nous sommes dit : « pourquoi ne pas monter une soirée ». Nous voulions faire une soirée, qui réunisse un maximum de personnes, sur la côte ouest. L'idée de départ - nous étions un peu malades ! - c'était de la faire au Mont-Saint-Michel ! Je ne m'y connaissais pas du tout en termes d'organisation de soirée, en tant qu'éducateur sportif j'avais déjà organisé pas mal d'événements sportifs sur une journée mais pas sur un week-end, c'était différent. Mon frère jumeau habitait sur Bordeaux à l'époque, il avait un copain, qui est devenu ensuite un de mes proches, Fabrice, qui organisait déjà des soirées. Il avait une association, Le Colibri. Je l'ai appelé, il est venu. Il a un peu canalisé les idées que nous avions, parce que cela partait dans tous les sens. Nous avons organisé la première soirée Salsa en la Playa, le 23 mai 2003. Un vendredi soir. Il y avait deux cent cinquante personnes, qui étaient quasiment toutes de La Rochelle. C'était le feu ! Le début de soirée avait lieu en bordure de plage, de 19h à 23h, puis c'était soirée et concert à l'intérieur de 23h à 5h du matin. L'année d'après, nous avons fait venir Ocho y Media, c'était à Châtelaillon, nous nous sommes agrandis petit à petit. C'est vraiment parti d'une soirée, qui a bien marché, nous avons décidé ensuite de faire un événement sur un week-end. Depuis quatre ans, cela prend de l'ampleur. L'année dernière nous avions 350 places, qui sont parties en quinze jours. Cette année, 650 places sont parties en sept jours !

Comment expliques-tu ce succès ?
J'ai fait beaucoup de congrès. J'aime ça, mais c'est de la performance technique, du sport pour moi ! Je pense que lorsqu'on a fait beaucoup de congrès, ou qu'on a le sentiment d'en avoir fait le tour, ou bien que l'on en a fait un et que l'on n'a pas adhéré à l'esprit, on a envie d'avoir des choses simples. Je trouve aussi que, dans les congrès, il n'y a pas de moments de communion, que tu peux avoir lors de concerts lorsqu'un groupe te met le feu. Salsa en La Playa, c'est différent. Les gens ne se prennent pas la tête, ils posent leurs bagages, ils dansent pendant soixante-douze heures. Il n'y a pas de cours. Cette année, nous aurions pu faire un congrès ! Il y a Sals'n'Jazz, Alain, David et Nadège, Salva, il n'y a pas mal de profs qui viennent, mais ce n'est pas l'idée ! Et puis, il y a aussi le prix qui joue. Nous ne faisons pas de bénéfices. Il y a aussi une dynamique entre Bordeaux, La Rochelle, Niort, Rennes, le bouche à oreille fonctionne vraiment, et puis il y a des vidéos sur le net. Ce sont les gens qui viennent et qui repartent avec un sourire qui font l'événement. C'est un événement vraiment familial, il y des gamins, et il y a une communion entre les danseurs qu'il n'y a pas dans les autres événements… Ça me donne la chair de poule rien que d'en parler ! Cette communion qu'il y a dans les arènes à Vic-Fezensac pendant qu'Oscar D'Leon rend hommage à Celia Cruz, ce sont des moments de frisson rares, comme à Niort il y a deux ans lorsqu'on a fait la comparsa juste après le concert. Ces moments sont l'essence de salsa en La Playa. On nous demande pourquoi on ne fait pas mille personnes… Mais cela devient très vite impersonnel. C'est vrai que cela peut être frustrant pour ceux qui ne peuvent pas venir, mais cela changerait complètement le concept, les retours seraient différents. Cette année, par rapport à l'année dernière, tout le monde est logé au même endroit, 650 personnes logées au même endroit ! Tu es sûr de croiser tout le monde, sur trois jours…

Tu vois-tu encore danser la salsa dans vingt ou trente ans ?
J'ai dit à ma femme que j'espérais monter un jour sur scène avec mes filles. Pas forcément sur un congrès, mais pour faire un petit truc, sympathique. La plus âgée a deux ans, elle sait déjà faire un petit mambo, un petit Suzy Q. La seconde a deux mois, il va falloir que je sois patient ! La salsa, au-delà d'une danse, c'est un mode de vie… Avant la salsa, j'étais quelqu'un de timide et réservé lorsque je ne connaissais pas, ça m'a libéré, ça a été plus ou moins une thérapie, comme pour beaucoup de monde. Tu rentres dedans sans trop savoir où tu vas et puis tu y restes ! Je pense que je ferai forcément une pause à un moment ou un autre… Mais je danserai encore à soixante ans. Peut-être pas les ruedas de David Fagour, mais pourquoi pas des ruedas bachata !
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